Une graisse NLGI 00 (et ses voisines 0 et #1) est une graisse semi-fluide, assez molle pour être poussée dans des lignes et des injecteurs par une pompe. C’est précisément ce qu’il te faut pour une centrale de lubrification, une baie de graissage ou un système de graissage automatique : le grade contrôle le débit, et le débit décide si la graisse se rend — ou pas — jusqu’au roulement et où la pine/bushing travaille. Le problème, au Québec, c’est qu’une graisse pompable mal choisie peut figer dans la ligne à -30 °C, pendant qu’une graisse trop dure laisse le roulement en famine. Ce guide t’aide à choisir le bon grade fluide pour ton système centralisé, et à savoir lequel reste pompable l’hiver.

On ne refait pas ici le tour des grades 0 à 3 : c’est le rôle de notre guide des grades NLGI. On parle ici système et décision — quel grade semi-fluide va dans ta centrale, et pourquoi.

Qu’est-ce qu’une graisse fluide ou semi-fluide ?

L’échelle NLGI classe les graisses selon leur consistance, du plus dur au plus mou. Une graisse de châssis classique est en NLGI 2 (texture de beurre froid). En descendant l’échelle, la graisse devient de plus en plus molle :

  • NLGI #1 — encore consistante, mais plus molle qu’une 2. C’est le grade très utilisé au Québec dans les systèmes de graissage automatiques et centralisés : assez pompable pour circuler, assez « graisse » pour tenir au point.
  • NLGI 0 — semi-fluide, texture de pâte molle. Encore tartinable, mais coule lentement.
  • NLGI 00 — quasi liquide, texture de sirop épais ou de pâte à crêpes. Le grade « pivot » de plusieurs carters d’engrenages fermés et de certains systèmes centralisés.

Plus on descend, plus la graisse circule facilement dans une ligne — mais moins elle « tient » en place sous charge ou sur une surface verticale. Tout l’art consiste à trouver le grade qui se rend au point de graissage sans fuir une fois rendu.

Pourquoi la consistance change tout : fuite contre famine

C’est le cœur du problème, et c’est exactement ce que vivent les responsables maintenance sur le terrain. Le choix du grade n’est pas cosmétique : une graisse mal adaptée échoue de deux façons opposées.

Une graisse trop molle (trop fluide pour l’application) entraîne :

  • des fuites aux joints et aux raccords,
  • un mauvais étanchement du roulement (la graisse ne fait plus barrière à la poussière et à l’eau),
  • une perte de lubrification sous charge : le film se fait chasser et ne revient pas.

Une graisse trop dure (trop consistante pour le système) entraîne :

  • un débit insuffisant dans les lignes,
  • une famine de lubrification : le roulement tourne sans graisse fraîche,
  • une hausse de la température de fonctionnement, qui accélère l’usure.

Autrement dit : trop mou et ça coule pour rien, trop dur et ça ne se rend jamais au roulement. Dans une centrale de graissage, où la graisse doit parfois parcourir plusieurs mètres de ligne et franchir des injecteurs, ce compromis est encore plus serré. Pour les principes généraux de sélection, voir notre guide pour choisir une graisse industrielle.

Graisse NLGI 00 et lubrification centralisée : le grade dicte le débit

Dans un système centralisé — pompe, ligne principale, doseurs, injecteurs — la graisse doit garder un débit régulier d’un bout à l’autre. Le grade NLGI est le premier levier sur ce débit.

  • NLGI #1 : le grade pompable standard au Québec pour les systèmes de graissage automatiques et centralisés. C’est souvent le héros pompable de ces réseaux : assez fluide pour circuler dans les lignes, assez consistant pour rester au point une fois rendu.
  • NLGI 0 : bon compromis pour des systèmes à parcours court à moyen, températures modérées, points relativement chargés. Tient mieux dans le roulement, mais demande une pompe capable de pousser un produit plus consistant.
  • NLGI 00 : assez fluide pour circuler proprement dans les lignes longues ou à basse pression, et adapté à plusieurs carters d’engrenages fermés. Le grade le plus « coulant » de la famille pompable.

À ce sujet, n’oublie pas le dosage : une centrale bien réglée envoie la bonne quantité au bon moment. Le surgraissage reste une cause cachée de bris de roulement — l’excès de graisse est baratté par les pièces en rotation, génère de la chaleur, oxyde la graisse et endommage les joints. Plus de graisse n’égale pas une meilleure lubrification. Notre article sur la quantité de graisse par roulement explique comment calibrer ça.

Le défi québécois : quelle graisse reste pompable à -40 °C ?

Voici la vraie question d’hiver. Une graisse semi-fluide qui circule parfaitement à 20 °C peut figer dans la ligne à -30 °C. La pompe force, la pression monte, les doseurs décrochent — et les points en bout de ligne tombent en famine sans que personne s’en rende compte avant le bris.

Deux facteurs décident de la pompabilité à froid :

  1. Le grade NLGI — plus c’est fluide (#1, 0, 00), plus ça pompe au froid, à formulation égale.
  1. La nature de l’huile de base — c’est souvent le facteur dominant. Une base synthétique garde une fluidité bien plus stable que les bases conventionnelles quand le mercure plonge.

C’est pourquoi, au Québec, le réflexe « je descends juste d’un grade NLGI » ne suffit pas toujours. Pour de la vraie pompabilité par grand froid, la base synthétique fait la différence — c’est l’ADN des graisses Extrême de TRC, formulées 4 saisons et pompables jusqu’à -40 °C. À noter : les graisses Extrême de TRC existent uniquement en NLGI #2 et s’emploient seulement avec des pistolets à graisse manuels ou électriques — ce ne sont donc pas des graisses semi-fluides pour alimenter une centrale ou un système automatisé. Pour un réseau centralisé pompable, on reste dans les grades fluides #1, 0 et 00.

Comment choisir entre graisse NLGI 00, 0 et #1 selon l’application

Grade NLGI Consistance Cadre d’usage typique Tenue au froid
#1 Graisse molle Standard québécois des systèmes de graissage automatiques/centralisés; héros pompable Bonne; meilleure en base synthétique
0 Pâte molle Système centralisé court/moyen, points plus chargés, températures modérées Correcte; meilleure en base synthétique
00 Sirop épais Lignes longues, basse pression, carters d’engrenages fermés Bonne; excellente en base synthétique

Trois questions pour trancher :

  • Quelle est la longueur et la pression de mon réseau ? Long et basse pression → plus fluide (0, 00).
  • Quelle est ma température minimale de service ? Hivers québécois → privilégier une base synthétique avant même de descendre le grade.
  • Mes points fuient-ils ou tombent-ils en famine ? Fuite → monter d’un cran (vers #1). Famine/surchauffe → descendre d’un cran (vers 0/00) ou passer en synthétique.

Quand le manuel du fabricant de la centrale précise un grade, il a le dernier mot. Sinon, valide avec Lube Tech avant de changer.

Centrale et baie de graissage : erreurs fréquentes

  • Mélanger les épaississants. Lithium, complexe lithium-calcium, calcium… combiner deux familles incompatibles peut détruire la structure de la graisse et la durcir dans la ligne. On purge avant de changer de produit.
  • Garder le même grade été comme hiver. Une graisse #2 confortable en juillet peut peiner à -25 °C. Pense saisonnier.
  • Sous-dimensionner la pompe. Une pompe prévue pour de la 00 forcera sur de la #1; à froid, c’est le décrochage assuré.
  • Oublier l’étanchéité. 60 à 70 % des bris de roulement sont liés à la contamination, et la majorité commence au joint. Une graisse trop fluide qui ne scelle plus laisse entrer eau et poussière.
  • Surgraisser « pour être sûr ». En centralisé comme au pistolet, l’excès chauffe, oxyde et fait fuir.

Les graisses TRC pompables : Paragon 3000

Du côté de la gamme TRC, c’est la Paragon 3000 qui porte la charge pour les systèmes pompables.

Paragon 3000 — graisse premium bleue, base complexe lithium-calcium, résistance à l’eau et stabilité thermique jusqu’à 299 °C. C’est la graisse universelle à mettre de l’avant. Selon TRC, elle est offerte en NLGI #2, #1 et #0 selon la saison et l’application. C’est le grade #1 qui sert de référence au Québec pour alimenter les systèmes de graissage automatiques et centralisés — c’est le grade pompable à mettre de l’avant pour ces réseaux —, tandis que la version #0 convient à un système centralisé qui accepte ce grade plus fluide. Dans les deux cas, tu gardes une seule famille de graisse sur le site. Elle apporte aussi, selon TRC, des propriétés diélectriques utiles pour les roulements de moteurs électriques présents sur bien des équipements automatisés.

💡 Repère couleur TRC : la Paragon 3000 est bleue (complexe lithium-calcium); la 880 standard est rouge; les versions Moly (avec MoS₂) sont noir/anthracite. Un coup d’œil au graisseur confirme le bon produit.

Pour les points lourds et exposés au sel graissés au pistolet (chasse-neige, forestier, minier), la gamme Extrême de TRC — comme la 880 Crown & Chassis Extrême et la Paragon 3000 Extrême — offre une base synthétique rouge 4 saisons, ultra-adhésive et anti-sel, pompable jusqu’à -40 °C au pistolet. Important : ces graisses Extrême existent uniquement en NLGI #2 et s’emploient seulement avec des pistolets à graisse manuels ou électriques — elles ne sont pas destinées aux systèmes centralisés ou automatisés. Pour un réseau pompable, on reste sur la Paragon 3000 en #1 ou #0.

Pour les carters d’engrenages fermés qui demandent plutôt une huile, voir notre article sur l’huile à engrenage industriel. Et pour les points chauds, le dossier graisse haute température. Le catalogue complet est dans la gamme TRC de graisses.

Quand passer d’une NLGI 2 à une graisse pompable : check-list

Tu hésites à descendre de grade ? Passe en revue ces signaux :

  • J’installe ou j’exploite un système de graissage centralisé ou automatique.
  • Mes lignes sont longues ou la pression de pompe est limitée.
  • Des points en bout de ligne chauffent ou montrent de l’usure (signe de famine).
  • Ma graisse actuelle fige ou pompe mal sous -20 °C.
  • Le manuel de la centrale spécifie une graisse semi-fluide (#1, 0 ou 00).
  • J’ai des carters d’engrenages fermés conçus pour graisse fluide.

Trois cases cochées ou plus ? C’est le moment de regarder une graisse pompable — et probablement une base synthétique pour l’hiver.

FAQ

Quelle est la différence entre NLGI 00 et NLGI 0 ? La NLGI 0 est une pâte molle qui tient mieux en place sous charge; la NLGI 00 est quasi liquide, texture de sirop, et circule plus facilement dans les lignes longues ou à basse pression. Pour un système centralisé québécois, le #1 est souvent le point de départ; pour des réseaux plus fluides, on descend vers la 0 ou la 00.

Quel grade NLGI privilégier pour un système de graissage automatique au Québec ? Le NLGI #1 est le grade pompable très utilisé au Québec dans les systèmes de graissage automatiques et centralisés. Il circule bien dans les lignes tout en restant assez consistant pour tenir au point. La Paragon 3000 est offerte en #1 (ainsi qu’en #0 et #2) pour couvrir ces réseaux. Valide toujours le grade avec le manuel de la centrale et avec Lube Tech.

Quelle graisse reste vraiment pompable à -40 °C au Québec ? La base synthétique est la clé. La Paragon 3000 Extrême et la 880 Crown & Chassis Extrême sont formulées 4 saisons et pompables jusqu’à -40 °C — mais uniquement en NLGI #2 et seulement avec des pistolets à graisse manuels ou électriques, pas dans une centrale. Pour un réseau centralisé, c’est la Paragon 3000 en #1 ou #0 qu’on vise, et l’huile de base synthétique aide à garder la fluidité au grand froid.

Une graisse pompable peut-elle fuir de mon système ? Oui, si elle est trop fluide pour l’application : on observe alors des fuites aux joints et une perte d’étanchéité. C’est l’arbitrage classique entre fuite (trop mou) et famine (trop dur). Le bon grade est celui qui circule et reste au point.

Puis-je mélanger ma graisse actuelle avec une nouvelle graisse pompable ? Évite-le sans vérifier la compatibilité des épaississants. Mélanger des familles incompatibles peut briser la structure et durcir la graisse dans les lignes. Purge le système avant de changer de produit.

Le bon grade, du bon produit, qui se rend au roulement

Choisir une graisse NLGI 00 (ou 0, ou #1), ce n’est pas qu’une histoire de chiffre sur l’échelle : c’est s’assurer que la graisse circule dans tout ton système centralisé et reste là où elle doit travailler — même à -30 °C. Le grade dicte le débit; la base synthétique sauve l’hiver.

Tu veux la bonne combinaison pour ta centrale, ta baie de graissage ou ta flotte ? Ouvre un Compte Entrepreneur : nos conseillers techniques se déplacent, regardent ton système et te proposent le grade et le produit TRC adaptés à ta réalité québécoise. Moins de friction, plus d’action avec la graisse Texas / TRC.