
Pour les pins et bushings d’excavatrice au Québec, la 880 Crown & Chassis (rouge) est le standard de référence TRC pour la majorité des chantiers, la Moly 880 (noir/anthracite) prend le relais en présence de chocs et de charges élevées, la 880 Crown & Chassis Extrême couvre les conditions sévères et le climat extrême, et la Moly Paragon 3000 (noir/anthracite) assure les cas extrêmes combinant charges élevées et milieu humide. Le bon choix dépend de trois variables : la sévérité des chocs sur les axes, la température d’opération réelle, et l’exposition à l’eau et aux abrasifs. Un mauvais choix se paie en pins ovalisés, en bushings martelés, et en arrêts non planifiés au pire moment. Ce guide explique comment décoder ces variables et comment chaque graisse de la gamme TRC répond à un cas d’usage précis dans nos conditions québécoises.
C’est quoi un pin, c’est quoi un bushing — et pourquoi ça lâche
Sur une pelle mécanique, les pins (axes) et les bushings (bagues/coussinets) sont les articulations qui relient les sections du boom, du stick (balancier) et du bucket (godet). Chaque mouvement de la flèche, chaque effort sur le godet, chaque rotation passe par ces points. Une excavatrice standard en compte facilement entre 15 et 25, et chacun est un candidat à l’usure prématurée si la lubrification flanche.
Les bushings sont les pièces sacrificielles — c’est par design. La graisse forme un film mince entre le pin (dur, en acier traité) et le bushing (plus tendre, souvent en bronze ou en acier nitruré). Quand ce film disparaît, le contact métal-sur-métal commence : le bushing s’use, du jeu apparaît, le pin commence à marteler ovalement la bague, et la dégradation s’accélère vite.
Les conditions de service réelles sur un chantier
Les pins et bushings d’excavatrice opèrent dans l’enfer mécanique. Voici ce qu’une graisse doit endurer chaque jour de chantier :
- Charges par chocs. Un godet qui mord dans le roc transmet des pics de pression bien au-delà de la charge statique nominale.
- Mouvements oscillants. Contrairement à un roulement à bille qui tourne en continu, un pin oscille — il n’y a pas de mouvement hydrodynamique stable pour reconstruire le film d’huile.
- Vibrations 24/7. Le moteur, le déplacement, le bucket qui frappe le sol — tout fait vibrer les articulations.
- Eau et lavage haute pression. Pluie, neige fondante, lavage de fin de journée. La graisse doit rester en place.
- Particules abrasives. Terre, sable, silice — la graisse doit former une barrière étanche aux points d’entrée.
- Cycles thermiques. Démarrage à -25 °C à 7 h le matin, opération à +60 °C autour du pin sous charge l’après-midi.
C’est pour ça qu’on ne peut pas mettre n’importe quelle graisse dans un graisseur d’excavatrice. La spec NLGI 2 est juste le point de départ.
Les specs qu’une graisse pins/bushings doit avoir
Quand on évalue une graisse pour cette application, on regarde cinq choses en même temps :
- Consistance NLGI 2 (parfois 1 ou 0 en hiver). Assez ferme pour rester dans le joint, assez molle pour être pompable par le système de graissage automatique.
- Additifs Extreme Pressure (EP). Indispensables pour les charges par chocs. Sans EP, le film cède sous les pics de pression.
- Adhésivité. La graisse doit accrocher au métal et refuser de se faire éjecter par les vibrations ou par le lavage.
- Résistance à l’eau (water washout). Critique. Une graisse qui se rince est une graisse qui a disparu.
- Protection anti-corrosion. Avec nos hivers humides et le sel sur les routes de service, la rouille gagne vite.
Pour la logique complète derrière le choix d’une graisse industrielle, consultez le guide pillar sur le choix de graisse industrielle.
Recommandations TRC par cas d’usage

L’ordre suivant suit la logique de progression terrain TRC — du standard pour la majorité des cas, jusqu’aux solutions pour les conditions extrêmes (charges + humidité).
1. 880 Crown & Chassis (rouge) — LE standard TRC
C’est la graisse de référence pour les pins et bushings d’excavatrice, et le standard que TRC a bâti depuis plus de 75 ans. Base Calcium Hydroxy-12, formulation rouge légendaire à paillettes dorées, excellente adhésivité, bonne protection EP, excellente résistance à l’eau. C’est aussi la graisse rouge dont on parle dans le guide de la couleur des graisses — le rouge sert à reconnaître la TRC à l’œil sur un joint qui fuit, mais c’est la chimie qui fait le travail.
À utiliser quand : la majorité des chantiers — construction résidentielle, commerciale, civile, excavatrices et chargeuses en opération régulière, températures d’opération entre -20 °C et +150 °C. C’est le 80 % des cas.
2. Moly 880 Crown & Chassis (noir/anthracite) — l’upgrade pour chocs et charges élevées
Identique au 880 standard côté chimie de base (Calcium Hydroxy-12), mais enrichi de 5 % de bisulfure de molybdène (MoS₂) — d’où sa couleur noir / anthracite caractéristique de toutes les graisses Moly TRC. Le MoS₂ est un lubrifiant solide qui prend la relève quand le film d’huile cède sous un choc — exactement le scénario d’un pin/bushing sous coups répétés. Résultat : 80 lb Timken OK load.
À utiliser quand : chargeurs frontaux, godets qui mordent dans le roc, conditions avec chocs répétés, ou quand l’inspection révèle une usure plus rapide que la normale sur les pins.
3. 880 Crown & Chassis Extrême — pour conditions sévères et climat extrême
La version synthétique EP renforcée du 880 standard, formulée pour les charges plus lourdes et le climat extrême. C’est sa base synthétique qui fait la différence : meilleure fluidité à froid, stabilité thermique accrue et durée de vie prolongée par rapport à une graisse minérale conventionnelle. Garde la base épaississante Calcium Hydroxy-12 de la gamme 880 sans le MoS₂ — donc reste rouge comme le standard. C’est le bon choix pour les chantiers hors-route en conditions sévères qui veulent une performance supérieure sans passer au Moly.
À utiliser quand : chantier hors-route avec charges modérées à élevées, climat extrême (froid intense, chaleur soutenue), opération 4 saisons, ou pour rester dans la gamme 880 avec une formulation synthétique haut de gamme.
4. Moly Paragon 3000 (noir/anthracite) — pour les cas extrêmes de charge et milieu humide
Quand les charges grimpent au maximum (équipement minier, excavatrices de gros tonnage, démolition) ET que l’environnement est humide (mines souillées, lavage continu, applications marines), on monte au sommet de la gamme. La Moly Paragon 3000 combine un épaississant complexe lithium calcium (point de goutte 299 °C), 5 % de MoS₂ (couleur noir/anthracite), et un package EP qui tient les 80 lb Timken. C’est une graisse haute température avec la protection EP maximale.

💡 Code couleur TRC à retenir : les graisses standard (sans MoS₂) sont rouges (880 C&C, 880 Extrême) ou bleues (Paragon 3000). Toutes les versions Moly (avec MoS₂) sont noir/anthracite à cause du molybdène — c’est un repère visuel fiable à l’œil sur un graisseur.
À utiliser quand : excavatrices en mine ou en carrière, équipement de démolition, équipement marin ou côtier, machinerie lourde avec charges par chocs ÉLEVÉES + humidité, ou quand l’inspection révèle des températures de pin chaudes au toucher après une journée pleine.
🌡️ Note hiver : pour les opérations qui passent l’hiver dehors à -40 °C, demandez aussi la Paragon 3000 Extrême — une graisse synthétique toutes saisons. Sa base synthétique lui donne une fluidité à froid et une stabilité thermique supérieures, tout en conservant l’épaississant complexe lithium calcium de la Paragon standard.
Fréquence de graissage et symptômes d’usure
La règle générale pour une excavatrice en opération normale est de graisser les pins/bushings tous les 8 à 10 heures de service — typiquement, en début ou fin de quart. En conditions sévères (boue, eau, démolition, sable abrasif), descendre à toutes les 4 à 5 heures.
Les symptômes d’usure à surveiller au quotidien :
- Jeu visible au point d’articulation quand le bucket est posé au sol.
- Bruit — claquement métallique au démarrage d’un mouvement.
- Graisse éjectée propre (jaune, noire, pas de gris métallique). Si la graisse qui sort est gris foncé, il y a déjà de la limaille — le bushing s’use.
- Température du pin chaude au toucher après une période d’opération continue.
- Mouvement saccadé du boom ou du stick — film de graisse compromis.
Tableau matrice : quelle graisse pour quel cas
| Type d’opération | Graisse recommandée | Justification |
|---|---|---|
| Construction résidentielle / commerciale standard | 880 Crown & Chassis (rouge) | Le standard TRC — adhésivité + résistance H₂O + prix |
| Excavation civile, infrastructure | 880 Crown & Chassis (rouge) | Polyvalence et coût d’opération |
| Chargeur frontal, godets sous chocs | Moly 880 (noir/anthracite) | 5 % MoS₂, 80 lb Timken, protection chocs |
| Foresterie en terrain accidenté | Moly 880 (chocs) ou Moly Paragon 3000 (chocs + humidité) | Selon sévérité des chocs et présence d’eau |
| Chantier hors-route, charges élevées, climat extrême | 880 Crown & Chassis Extrême (rouge, synthétique) | Synthétique, EP renforcé, 4 saisons, gamme 880 |
| Mines, carrières, démolition + humidité | Moly Paragon 3000 (noir/anthracite) | Charges max + chaleur + EP premium + résistance eau |
| Équipement marin / côtier | Moly Paragon 3000 | Eau salée + charges + MoS₂ |
| Opération hivernale soutenue (-40 °C) | Paragon 3000 Extrême (synthétique) | Synthétique, pompabilité froid, toutes saisons (complément à la gamme) |
Le catalogue complet est disponible sur la page des graisses TRC.
Les erreurs courantes qui détruisent un pin
1. Sur-graisser
Beaucoup d’opérateurs pompent jusqu’à ce que la graisse sorte par tous les bords. C’est inutile et parfois nuisible : le surplus chasse la graisse fraîche du point de friction, et la pression interne peut endommager les joints d’étanchéité. La règle : pomper jusqu’à voir un petit anneau de graisse fraîche apparaître à la jonction, puis arrêter.
2. Mélanger des graisses incompatibles
C’est l’erreur classique. Les bases Calcium Hydroxy-12 (gamme 880) et complexe lithium calcium (gamme Paragon) ne sont pas compatibles entre elles. Quand on change de produit, il faut soit purger complètement l’ancienne graisse, soit accepter une transition progressive en regraissant plus souvent pendant les premières semaines. Mélanger sans purger peut former une masse molle qui s’éjecte du joint.
3. Mauvaise fréquence
Sous-graisser = usure accélérée. Sur-graisser = joints endommagés et gaspillage. Trouvez le bon rythme en fonction du manuel de l’équipement, ajusté pour vos conditions de site réelles.
4. Ignorer la température réelle d’opération
Un pin de stick sous charge à midi en juillet peut facilement dépasser +80 °C. Une graisse 880 standard spec’d pour -20 à +150 °C tient, mais elle vieillit plus vite à 80 °C qu’à 40 °C — d’où l’intérêt d’un produit comme la Moly Paragon 3000 (point de goutte 299 °C) dont la stabilité thermique offre beaucoup plus de marge.
FAQ
Quelle graisse pour les pins de pelle mécanique au Québec ?
Pour la majorité des chantiers, la 880 Crown & Chassis (rouge) — le standard TRC depuis 75 ans. Pour les chocs et charges élevées (chargeurs frontaux, godets dans le roc), la Moly 880 (noir/anthracite) avec ses 5 % de MoS₂. Pour les conditions sévères et le climat extrême, la 880 Crown & Chassis Extrême. Pour les cas combinant charges extrêmes et humidité (mines, marine, démolition en milieu humide), la Moly Paragon 3000 (noir/anthracite).
Combien de fois faut-il graisser une excavatrice ?
En opération normale, toutes les 8 à 10 heures de service — en début ou fin de quart. En conditions sévères (boue, démolition, sable abrasif, eau) descendre à toutes les 4 à 5 heures. Toujours valider avec le manuel du fabricant d’équipement.
Peut-on mélanger deux graisses différentes ?
Pas sans précaution. La compatibilité dépend de l’épaississant. Calcium Hydroxy-12 et complexe lithium calcium ne sont pas compatibles entre elles. Quand on change de produit, le mieux est de purger complètement (regraisser à fond avec le nouveau produit jusqu’à ce que seule la nouvelle graisse sorte).
Que faire si la graisse sort par le bushing au lieu de rester dedans ?
Trois causes possibles : (1) joint d’étanchéité endommagé — à remplacer ; (2) bushing usé avec trop de jeu — la graisse fuit par l’espace excessif ; (3) graisse trop molle pour l’application — passer à un NLGI 2 ou à une graisse plus adhésive comme la Moly 880.
Comment savoir si un bushing est usé ?
Soulever le bucket et observer le point d’articulation pendant qu’on bouge lentement le stick. Du jeu visible (le pin bouge dans le bushing avant que la pièce suivante ne réagisse), du bruit métallique, ou de la limaille grise dans la graisse éjectée — tous des signes qu’il faut planifier le remplacement avant qu’un arrêt forcé en chantier ne s’impose.
Conclusion
Choisir la bonne graisse pour les pins et bushings d’excavatrice, c’est faire trois choses : (1) lire ses conditions de service réelles (charges, températures, eau, abrasifs), (2) matcher avec la chimie qui correspond — la 880 (rouge) comme standard pour 80 % des cas, la Moly 880 quand les chocs s’ajoutent, la 880 Extrême pour les conditions sévères, et la Moly Paragon 3000 pour les cas extrêmes combinant charges et humidité — et (3) tenir un rythme de graissage discipliné avec une vigilance sur les symptômes d’usure.
La gamme TRC distribuée par Lube Tech Solutions couvre toute la fenêtre d’opération québécoise, du chantier résidentiel d’été à la mine en pleine tempête de janvier. Pour valider votre choix sur une application précise ou pour discuter d’un programme de graissage pour votre flotte, ouvrez un Compte Entrepreneur TRC — accès aux prix entrepreneur, support technique terrain, livraison gratuite sur commandes 850 $+.
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